Spirochètes : tréponèmes et leptospires

Taxonomie

Spirochétales
- Forme hélicoïdale
- Paroi proche de celle des bacilles à Gram-
- Appareil locomoteur interne

Bactéries responsables d’infections chez l'homme
Spirochaetaceae

- Leptospiraceae

 

Syphilis : généralités

Historique
- 1906 : Wassermann décrit le premier test sérologique (RFC)
- 1912 : Entretien de la souche virulente Nichols sur lapin
- 1943 : 1er cas de syphilis primaire traité par pénicilline (Mahoney)

Caractères bactériologiques
- Spirochètes très fins (0,15 µm sur 6-20 µm), extrémités effilées, spires serrées et régulières (6-14)
- Mobilité due à un endoflagelle (pas de vis, pendulaire, ondulatoire)
- Visible en microscopie à fond noir, colorable par l'argent ou par IFD
- Culture impossible in vitro, seulement in vivo (lapin)
- Structure antigénique complexe : lipoprotéine périplasmique de 47-kDa, endo-flagelles, cardiolipide de la membrane cytoplasmique

 

Manifestations cliniques de la syphilis

Incubation
- Silencieuse (3-5 semaines) sans Ac décelables

Syphilis primaire
- Chancre génital (95%) persiste 1-2 mois puis guérit spontanément
- Adénopathie satellite persistant plusieurs mois avec Ac

Syphilis secondaire
- Lésions muqueuses contagieuses et cutanées (roséole, syphilides) + adénopathies + signes généraux (dure 6-12 mois) avec Ac +++

Syphilis tertiaire
- Latence 2-30 ans avec Ac
- Lésions sous-cutanées ou viscérales + Ac dans le sérum et LCR

Autres formes
- Syphilis congénitale transmise au cours du 1er trim. de la grossesse
- Chez le VIH, évolution clinique et sérologique perturbée


Epidémiologie et physiopathologie

Epidémiologie de la syphilis
- Principal mode de transmission : contact sexuel et in utero
- Rôle mineur de la transfusion (survie 5 jours à 4°C)
- Peu fréquente dans les pays d'Europe
- Co-infection par le VIH possible

Physiopathologie
- Incubation : phase de multiplication des tréponèmes au site d’infection (adhésion et invasion des cellules épithéliales vasculaires)
- Syphilis primaire puis secondaire avec dissémination sanguine (septicémie) et lymphatique (adénopathie)
- Syphilis latente : nombre réduit de T. pallidum persistant dans les phagocytes.

 

Diagnostic biologique de la syphilis

Diagnostic direct
- Pas de culture !!!
- Examen au microscope à fond noir de la sérosité du chancre ou lésions, biopsie ganglionnaire (avant tout traitement antibiotique)
- Risque de faux positifs dus aux spirochètes commensaux (bouche)

Tests sérologiques
- Non tréponèmiques : VDRL...

- Tréponèmiques spécifiques : FTA-abs, TPHA...

- Législation : J.O. du 12 octobre 1980 et suivi de traitement

 

Prévention et traitement de la syphilis

Prévention
- Basée sur le dépistage clinique et sérologique et le traitement des partenaires
- Absence de vaccin

Traitement
- Bactéries sensibles aux bêta-lactamines, cyclines, macrolides
- Syphilis précoce et tardive:


Leptospirose : généralités

Historique
- 1915 : Inada isole le germe (Spirochaeta icterohaemorrhagiae)
- 1918 : mise au point de la RAL (MAT) par Martin et Petit

Taxonomie
- 1 genre Leptospira
- 2 espèces : L. interrogans sensu lato (pathogènes) ; L. biflexa sensu lato (saprophytes)
- Plusieurs sérovars regroupés en sérogroupes : icterohaemorrhagiae, grippotyphosa, australis, sejroe
- Classification génomique
- Bactéries extra-cellulaires de morphologie hélicoïdale, 4-25µm sur 0,1µm avec spires serrées (20), extrémités en crochets, très mobiles (rotation, flexion, translation)

Caractères bactériologiques
- Bactéries aérobies stricts (catalase, oxydase)
- Chimio-organotrophes (AG à longues chaînes)
- N'incorporent pas les bases pyrimidiques (5 FU)
- Ag : somatiques polyosidiques (Ac protecteurs), flagellaires et d’enveloppe (MAT)

Facteurs potentiels de virulence
- Mobilité, adhésion, capacité invasive suivie d'apoptose cellulaire
- Hémolysines (pomona, autumnalis, hardjo)

Culture
- Milieu Tween-albumine ou EMJH + 5 FU, incubation à 30°C à l'obscurité


Epidémiologie et clinique de la leptospirose

Epidémiologie
- Zoonose endémique dans les pays chauds et humides
- Transmission cutanée ou muqueuse à partir d'urines d'animaux contaminés ou d'eau, de sols souillés, rarement directe
- Réservoir surtout animal : rongeurs, bovins, chien, porc
- Maladie des loisirs en eau douce et professionnelle
Incidence pour 100 000 h : 0,98 en Franche-Comté, 37,5 à Thaïti

Expression clinique polymorphe
- Fièvre (4-12 j après contamination), syndrome algique et méningé puis phase hépato-rénale (ictère souvent absent) et Ac +
- Du syndrome grippal à l’atteinte multiviscérale
- Syndrome biologique en rapport avec l'atteinte des organes (cytolyse hépatique, thrombocytopénie, hyperleucocytose)


Leptospiroses déclarées en France en fonction du mois de déclaration (1999) :


Diagnostic biologique de la leptospirose

Examen microscopique
- A partir du sang, des urines, du LCR : peu sensible

Culture
- En milieu EMJH avec examen microscopique (diagnostic de genre)
- Identification du sérogroupe et du sérovar par micro-agglutination

Amplification génique
- Par PCR avec amorces spécifiques du genre

Sérologie
- Dépistage

- Réaction spécifique : MAT (ex-agglutination-lyse)

- Chronologie des prélèvements


Prophylaxie et traitement de la leptospirose

Prophylaxie
- Mesures de lutte collective : dératisation, drainage, vaccination des animaux et protection individuelle (bottes, gants), antibioprophylaxie par doxycycline
- Vaccin inactivé anti-IH efficace réservé aux professionnels
- Maladie à déclaration obligatoire

Traitement
- Bactérie sensible aux antibiotiques : b-lactamines (sauf C1G) et tétracyclines
- Ampicilline per os dans les formes mineures et au début
- Pénicilline G dans les formes sévères
- Traitement symptomatique en cas d'insuffisance rénale