Salmonelles

Introduction

Historique
- 1880 : découverte de l’agent de la fièvre typhoïde par Eberth
- 1884 : culture de la bactérie par Gaffky
- 1896 : mise en évidence de la diversité antigénique des souches de salmonelles par Widal

Taxonomie et nomenclature
- Espèce Salmonella enterica appartenant à la famille des entérobactéries
- S. enterica subdivisée en 6 sous-espèces dont S. enterica subsp.enterica seule pathogène pour l'homme
- Plus de 2000 sérotypes parmi S. enterica subsp. enterica sur la base de caractères antigéniques somatiques (Ag O) et flagellaires (Ag H)
- Sérotypes historiques: S. Typhi (le vrai nom est S. enterica subsp. enterica sérotype Typhi), S. Typhimurium, S. Choleraesuis, S. Enteritidis, S. Infantis, S. paraA ...
- Sérotypes plus récents: S. Dublin, S. Panama, S. Wien, S. Hadar, S. Wirchow, S. Heidelberg, S. Derby, S. Newport, S. Brandenburg...

 

Caractères bactériologiques

Morphologie
- Bacilles Gram-
- Mobiles par ciliature péritriche (sauf un sérotype), non sporulés

Culture
- Facile sur milieux ordinaires (18 à 24 h)
- Bactéries aéro-anaérobies
- Intérêt des milieux sélectifs pour l’isolement à partir des prélévements pathologiques polymicrobiens (selles):

Caractères biochimiques
- Permettent l'identification de l'espèce S. enterica

Antigènes


Identification du sérotype
- Formule antigénique définie par l ’association des déterminants antigéniques O, H et éventuellement Vi (Typhi, paraC et Dublin)
- Tableau de Kauffmann White

 

Pouvoir pathogène

Fièvres typhoïdes et paratyphoïdes
- Dues à Typhi, paraA, paraB ou paraC
- Septicémies à point de départ lymphatique intestinal
- Incubation longue (environ 15 j)
- Etat: fièvre continue avec anorexie, douleurs abdominales, diarrhée (jus de melon) ou constipation, poul dissocié, hépatosplénomégalie possible
- Aggravation: délires, prostration (tuphos), hémorragies intestinales avec perforation, collapsus cardiovasculaire
- Existence de formes bénignes (enfants...) ou asymptomatiques (porteurs sains de salmonelles dans les selles)

Physiopathologie des fièvres typhoïdes
- Ingestion des salmonelles (100.000 suffisent dans 30% des cas) qui résistent au pH gastrique acide
- Adhésion aux entérocytes et cellules M des plaques de Peyer
- Franchissement de la muqueuse intestinale et envahissement des ganglions mésentériques
- Survie et multiplication dans les macrophages et cellules réticulo-endothéliales
- Diffusion dans l’organisme: rate, foie,moelle, peau, vésicule biliaire
- Elimination possible par la bile et les urines
- Persistance des bacilles dans les selles
- Lyse des salmonelles (LPS) : action sur le système nerveux sympathique, SNC, plaques de Peyer, système vasculaire... choc

Salmonelles mineures
- Toxi-infections alimentaires et gastro-entérites

- Physiopathologie

 

Epidémiologie

Salmonelles typhoïdiques
- Réservoir strictement humain : selles des malades, convalescents (plusieurs semaines après la maladie), porteurs sains
- Contamination directe (manuportée), surtout indirecte par l'eau (péril fécal, persistance plusieurs mois), coquillages, légumes, oeufs, viande contaminée à l'abattage...

Salmonelles mineures
- Ubiquitaires, pathogènes pour l'homme et les animaux (cheval, boeuf, porc, volaille, chien, chat, tortue...)
- Contamination de l'homme directe (manuportée), plus souvent alimentaire à partir de la viande, des oeufs, plats de collectivités si rupture de la chaîne du froid... cas sporadiques ou groupés

Salmonelloses en France
- Typhi + paraB : 1,5% (cas d'importation essentiellement )
- S. Enteritidis (25%), S. Typhimurium (28%), S. Hadar (10%)..
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Facteurs de virulence

Aspects génétiques
- Environ 60 gènes impliqués dans la pénétration et la survie des salmonelles dans les macrophages et les cellules du SRE : franchissement des muqueuses, diffusion et résistance aux défenses immunitaires
- Présence d'un plasmide de virulence important dans l'infection animale

Autres attributs de la virulence
- Fimbriae responsables de l’attachement des salmonelles aux entérocytes
- Antigène Vi associé à une plus grande résistance à l'activité bactéricide du sérum (voie du complément)


Diagnostic biologique

Diagnostic direct
- Prélévements

- Mise en culture

- Identification

Sérologie
- Sérodiagnostic de Widal ou technique ELISA
- Diagnostic des infections à Typhi, paraA ou paraB surtout
- Indications de la sérologie : restreintes

- Restrictions


Traitement

Sensibilité aux antibiotiques
- Salmonelles autrefois très sensibles à de nombreux antibiotiques
- Augmentation inquiétante de la multirésistance d'origine plasmidique chez certains sérotypes (ex. Typhimurium) : résistance fréquente aux tétracyclines, chloramphénicol, sulfamides et aux aminopénicillines (amoxicilline) par production de pénicillinase
- Apparition récente de souches résistantes aux C3G et aux fluoroquinolones (pourtour méditerranéen)
- Nécessité de réaliser un antibiogramme !

Recommandations
- L'antibiothérapie n’est pas systématique, surtout formes sévères
- C3G type ceftriaxone (Rocéphine®) : élimination biliaire, dose unique journalière
- Fluoroquinolone type ofloxacine (Oflocet®), pas chez l'enfant

 

Prophylaxie

Mesures générales
- Surveillance épidémiologique nationale :

- Mesures d'hygiène :

Mesures individuelles
- Typhim Vi®: vaccin polysaccharidique bien toléré protège contre S. Typhi uniquement (60% environ)
- Chimioprophylaxie aux voyageurs