Lutte contre les infections nosocomiales,
hygiène hospitalière...

organisation de la lutte contre les infections nosocomiales en France.

Historique
1850 Lavage des mains (Semmelweiss)
1935 Pavillons rougeole
1972 Résolution du Conseil de l’Europe
1973 C.L.I
1984 Recommandations du Conseil de l ’Europe
1985 CHSCT
1988 CLIN
1992 CTIN - CCLIN
1995 Équipes opérationnelles - Référents
1998 Établissements privés
1999 CLIN (nouvelle organisation)
2000 Organisation LCIN

(Organisation de la lutte contre les IN)

 

CTIN (Comité Technique National des Infections Nosocomiales)

Composition

- Membres de droit :
- Directeur Général de la Santé
- Directeur des Hôpitaux
- Directeur du service de santé des armées
- Directeur de la CNAM
- Un médecin inspecteur de Santé Publique
- Un directeur d’établissement
- Les responsables des C-CLIN
- Un représentant des établissements privés
Personnalités qualifiées (1 pharmacien, 2 IDE dont 1 hygiéniste, CSHPF)

Missions

- Définir un programme national de lutte contre les IN
- Promouvoir un système national de surveillance des IN (en lien avec le Réseau National de Santé Publique et les C-CLIN)
- Emettre des recommandations techniques pour la surveillance et la prévention des IN
- Assurer la coordination et l’évaluation des actions menées par les C-CLIN
- Fournir un rapport annuel élaboré à partir des bilans des DDASS

Fonctionnement

- Mandat des membres : 4 ans renouvelables
- Réunion trimestrielle
- Rapport annuel sur ses activités

Centres de Coordination de Lutte contre les IN : C-CLIN

- Décret du 3 août 1992
- Les responsables sont nommés par le Directeur de la Santé et le Directeur des Hôpitaux
- Mandat de 4 ans

Missions

- Coordonner les actions conduites par les CLIN des établissements
- Études épidémiologiques multicentriques
- Assistance technique
- Fichier documentaire
- Réseau de responsables de CLIN

Décret n° 99 - 1034 du 6 décembre 1999 relatif à l ’organisation de la lutte contre les infections nosocomiales dans les établissements de santé

CLIN (Comité de Lutte contre les IN)

composition du CLIN (22 membres maximum dont) :

- Le président de CME
- Le représentant légal de l ’établissement de santé
- Le médecin responsable de la médecine du travail
- Le DSSI
- 1 pharmacien
- 1 biologiste
- 2 médecins ou chirurgiens
- Le responsable de l ’EOH
- Le médecin responsable du DIM
- 1 membre de l ’EOH
- 1 IDE de la CSSI
- 5 personnels paramédicaux ou médico-techniques
- 5 membres CME (dont 1 SF, 1épidémiologiste, 1 médecin maladies infectieuses
- (1 représentant des usagers)

Missions du CLIN :

- Coordonner l’action des professionnels de l’établissement en fonction du programme annuel de prévention des IN (actions de prévention, surveillance, formation, évaluation)
- Préparer avec l’EOH, le programme annuel d’actions de lutte contre les IN
- Elaborer un rapport annuel d ’activité (transmis à la DDASS et au C-CLIN)
- Conseiller lors de travaux, aménagement de locaux et acquisition d’équipements nouveaux

Liaisons du CLIN :

- Direction
- CME
- CHSCT
- Services cliniques et laboratoires
- Services administratifs et techniques
- Médecine du travail
- Équipes opérationnelles en hygiène
- Référents

Loi n°98-535 du 1er juillet 1998 relative au renforcement de la veille sanitaire et du contrôle de la sécurité sanitaire des produits destinés à l ’homme.

- Chapitre V - Article 4
« Ils participent à la mise en œuvre du dispositif de vigilance destiné à garantir la sécurité sanitaire et organisent en leur sein la lutte contre les IN… »

Circulaire DGS/DHOS/E2 n°645 du 29 décembre 2000 relative à l’organisation de la lutte contre les IN dans les établissements de santé
…Les actions de l’équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière et de prévention deS IN s'inscrivent dans une démarche d'amélioration continue de la qualité des soins.
Cette équipe est chargée de mettre en oeuvre et d'évaluer le programme de lutte contre les IN adopté par l'établissement. Cette équipe a un rôle d'expert dans la gestion du risque infectieux.

Composition de l’EOH

- Un médecin ou un pharmacien
- Un personnel infirmier,
- + autres professionnels
- + temps secrétariat

- 1 IDE ETP/ 400 lits, 1 médecin ETP pour 800 lits (objectif fin 2003)

Personnel infirmier de l'EOH

Formation
Connaissances dans le domaine de l'épidémiologie, l'hygiène hospitalière, la gestion du risque infectieux + compétences en encadrement, pédagogie et méthodologie (évaluation, qualité,...)

Position hiérarchique souhaitée (objectif : favoriser la reconnaissance de la fonction transversale)

MISSIONS DE L’EOH
- Elaboration de recommandations techniques de bonnes pratiques
- Diffusion et évaluation de l’application des recommandations
- Organisation du recueil et du traitement des données de la surveillance
- Formation des professionnels
- Réalisation des investigations lors de la survenue des événements inhabituels

Circulaire DGS/DHOS/E2 n°645 du 29 décembre 2000 relative à l'organisation de la lutte contre les IN dans les établissements de santé

Afin de relayer la mise en oeuvre du programme d'action, il est particulièrement utile que soient désignés parmi les personnels de chaque service ou, dans les établissements privés, de chaque secteur d'activité, un correspondant médical et un correspondant paramédical. Ces correspondants facilitent la mise en oeuvre des actions de prévention et de surveillance des infections nosocomiales, à travers leur participation à :
- la prévention des IN
- la diffusion des informations
- la surveillance
- l’évaluation des pratiques et des moyens


Le CLIN et l'équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière et de prévention des IN déterminent
le profil des correspondants ou référents
la durée de leur mandat
le champ et l'organisation de leurs activités
le contenu de leur formation à inscrire au plan de formation de l’établissement
Le correspondant médical est désigné par le responsable médical du service (EP : directeur).
Le correspondant paramédical est désigné par le cadre du service, en concertation avec la DSSI (EP : responsable du SSI)

Référents ou correspondants en hygiène hospitalière

- IDE et médecin motivés
- travaillant dans leur service de façon régulière
- réseau de relais du CLIN

PLACE ET RESPONSABILITE DU CADRE INFIRMIER DANS LA LUTTE CONTRE LES INFECTIONS NOSOCOMIALES

PARTENAIRES DU CLIN et
DU SERVICE D'HYGIENE HOSPITALIERE

SOINS INFIRMIERS/ENVIRONNEMENT
- Respect des règles d'hygiène de base
- Respect de l'application des protocoles de soins et d'entretien du matériel et des locaux
- Elaboration des protocoles spécifiques au service (soins, entretien du matériel)
- Mise en place des protocoles de soins et d’entretien du matériel et des locaux dans son service

FORMATION
Encadrement du personnel (nouveau personnel)
Encadrement des stagiaires
Nouveau protocole

SURVEILLANCE DES INFECTIONS NOSOCOMIALES
Alerte / résultats du service
Participation au recueil de données d'éventuelles enquêtes (enquête de prévalence)

TRANSMISSION D ’INFORMATIONS AU CLIN OU SHH
Difficultés d'application des protocoles et/ou des recommandations émises
Difficulté d'approvisionnement en matériel, en produits.

TRAVAIL EN COLLABORATION AVEC LE REFERENT/CORRESPONDANT EN HYGIENE DU SERVICE


Encadrement de la lutte contre les infections nosocomiales

- Un encadrement réglementaire lourd
Circulaires, décrets, …
- Des recommandations du CTIN, des sociétés savantes
- Des réunions de consensus
- L’accréditation

ACCREDITATION

Procédure d'évaluation externe à un établissement de soins, effectuée par des professionnels, indépendante des établissements ou de ses organismes de tutelle, évaluant l'ensemble de son fonctionnement ou de ses pratiques.
Elle vise à assurer la qualité des soins donnés à un malade et à promouvoir une politique de développement continu de la qualité au sein d'un établissement.

ACCREDITATION
- Concerne tous les établissements de santé publics ou privés
- Concerne la totalité de l'établissement (ou un ou plusieurs services ou activités de l'établissement)
- Conduite par rapport à un référentiel établi par des représentants des professionnels concernés
- Aboutit à un audit externe pratiqué par des professionnels mandatés qui viennent évaluer la conformité aux standards

Manuel d ’accréditation de l’Agence Nationale d’Accréditation des Établissements de Santé
* Chap 1 : Mission et objectifs
* Chap 2 : La procédure d’accréditation
* Chap 3 : Méthode d ’élaboration et caractéristiques des référentiels
* Chap 4 : Les référentiels

I. Le patient et sa prise en charge
II. Management et gestion au service du patient
III. Qualité et prévention

Manuel d ’accréditation de l ’Agence Nationale d ’Accréditation des Établissements de Santé (ANAES)

Manuel d ’accréditation de l ’ANAES
1. Gestion de la qualité et prévention des risques (QPR)
2. Vigilance sanitaire et sécurité transfusionnelle (VST)
3. Surveillance, prévention et contrôle du risque infectieux (SPI)
4. Les référentiels

III . Qualité et prévention 3.

Surveillance, prévention et contrôle du risque infectieux

Réf 1 : L ’établissement initie et met en œuvre une politique coordonnée de maîtrise du risque infectieux chez les patients et les professionnels

Réf 2 : La politique de maîtrise du risque infectieux associe dans sa définition et sa mise en œuvre les instances et les professionnels concernés

Réf 3 : Le programme de lutte contre le risque infectieux associe les professionnels compétents

Réf 4 : Le programme de lutte contre le risque comporte une surveillance

Réf 5 : Le programme de lutte contre le risque comporte des actions de prévention

Réf 6 : Le programme de lutte contre le risque comporte des dispositions sur le bon usage des antibiotiques en vue de maîtriser la résistance bactérienne

Réf 7 : Un programme de prévention et de prise en charge des infections touchant les professionnels, établi en collaboration avec la médecine du travail, est élaboré.

Réf 8 : Le risque infectieux lié à l ’utilisation des dispositifs médicaux et équipements à usage multiple est maîtrisé.

Réf 9 : Le risque infectieux lié à l ’environnement est maîtrisé.

Réf 10 : Des procédures concernant la manipulation, le stockage , la préparation et la distribution des aliments sont mises en œuvre.

Réf 11 : La réalisation et l ’efficacité du programme de prévention et de maîtrise du risque infectieux sont évaluées à périodicité définie.

Décret n° 93-221 du 16 février 1993
relatif aux règles professionnelles des infirmiers et infirmières

Art 9
« Il exerce, et en fonction des besoins de santé identifiés, il participe à des actions de recherche en matière d ’épidémiologie, d ’ergonomie, d ’hygiène et de sécurité »

Art 11
« L ’infirmier ou l ’infirmière respecte et fait respecter les règles d ’hygiène dans l ’administration des soins, dans l ’utilisation des matériels et dans la tenue des locaux. Il s ’assure de la bonne élimination des déchets solides et liquides qui résultent de ses actes professionnels »


Mécanismes et types d'infections nosocomiales

Les mécanismes de l'IN

- Auto-infection
liée à la propre flore du patient
* auto-infection primaire dans les 4 premiers jours de l'hospitalisation à partir de la "flore originale"
* Auto-infection secondaire dans la phase ultérieure d'hospitalisation à partir de la flore remaniée

- Hétéro-infection (xéno- et exo-infection)
liée à des micro-organismes acquis dans l'établissement


Modification de la flore du patient

Pression thérapeutique et prophylactique
* sélection de certaines espèces prééxistantes chez le patient
* spécificité : résistance aux agents exerçant la pression de sélection
+ contamination par des bactéries de l'environnement
* bactéries résidentes hospitalières
* spécificité : multirésistance aux antibiotiques et à certains antiseptiques


Réservoirs de bactéries exogènes

* autres patients
* personnel hospitalier : flore intestinale, muqueuse, cutanée
* Fluide et assimilés : eau, air, aliments, médicaments
* surfaces : matériel, équipements, murs et sols, ...


Modes de contamination

voie digestive ingestion
voie respiratoire aerosols
voie cutanée plaies
voie muqueuse salive
voie transcutanée cathéter


Vecteurs

* La main des soignants représente le vecteur principal
* mais tous les réservoirs secondaires peuvent jouer le rôle de vecteur

 

Prévention

- Désinfection des mains
* réduit la flore endogène de la main
* élimine la flore "transitaire" acquise au contact du patient, de l'environnement contaminé

- Avant tout contact avec le patient
* transmission croisée

- Entre deux actes sur le même patient
* translocation

- Ingestion : maîtrise bactériologique des aliments, médicaments, ...
- Respiration : maîtrise de l'air, des aerosols
- Cathéter : pose et entretien des cathéters

Classification d'Altemeier

  Type de chirurgie Risque infectieux
Classe I Aseptique propre < 5 %
Classe II Propre contaminée
• ouverture d'un viscère creux
avec contamination minime
• rupture d'asepsie minime
10 - 20 %
Classe III • Chirurgie contaminée
• traumatisme ouvert < 4 h
• chirurgie des voies urinaires ou biliaires
infectées
• contamination importante par le
contenu digestif
20 - 35 %
Classe IV Sale
• infection bactérienne
• traumatisme ouvert > 4 h,
corps étranger, tissus dévitalisés
• contamination fécale
20 - 50 %