Pneumocoque : Streptococcus pneumoniae


Introduction

Historique
- Isolé de la salive par Pasteur en 1880
- Décrit par Chester en 1901
- Démonstration du rôle de la capsule dans la virulence de la bactérie par Griffith en 1928 par inoculation à la souris
- Démonstration du rôle de l'ADN en tant que support de l'information génétique par Avery, Mac Leod et Mac Carthy en 1944

Dualité
- A la fois commensal et pathogène majeur de l'homme


Caractères bactériologiques

Morphologie
- Diplocoque Gram+ caractéristique en forme de "flamme de bougie"
- La capsule forme un halo autour des cocci, visible au Gram
- Immobile, asporulé

Culture
- Bactérie exigeante, à culture lente
- Forme des colonies plates, alpha-hémolytiques (teinte verdâtre) sur gélose au sang, parfois muqueuses, de 1mm ø en 18h
- Aérobie anaérobie préférentiel

Caractères antigéniques
- La capsule

  • nature polysaccharidique, rôle antiphagocytaire +++
  • 90 sérotypes capsulaires différents suivant la composition

    - Autres antigènes

  • substance C spécifique de l’espèce (acide teichoïque) et antigène M protéique spécifique de type
  • Toxines
    - Pneumolysine
    cytolysine liée au corps bactérien (GR, GB, plaquettes)
    - Neuraminidase
    agit sur les acides sialiques (rôle dans les atteintes neuroméningées)


    Pouvoir pathogène

    Généralités
    - Responsables d'infections communautaires bénignes ou graves
    - Certains terrains immunologiques prédisposent à des infections graves (splénectomie, traits immunosuppresseurs, déficits Ac)
    - Infections à tous les âges de la vie avec une incidence plus élevée chez les jeunes enfants et les personnes > 60 ans

    Pathologie pulmonaire
    - La pneumonie franche lobaire aiguë
    fièvre, crachats sanglants, point de côté thoracique, risque élevé de dissémination sanguine (mortalité 20%)
    - Infections broncho-pulmonaires
    plus ou moins sévères
    facteurs prédisposants: tabac, infection virale, pollution...

    Méningites purulentes
    - Pneumocoque = 1ère cause de méningite en France
    - Touche surtout les enfants et les personnes > 60 ans
    - Primitives ou secondaires à un foyer ORL ou une fracture du rocher
    - Début et évolution parfois foudroyants, 30% de décès
    - Réaction leucocytaire franche à polynucléaires neutrophiles

    Otites moyennes aiguës
    - Courantes chez les enfants < 3 ans fréquentant des crêches, des garderies ou des écoles (2ème rang dans les OMA)
    - Uni ou bilatérales, fièvre, douleurs lancinantes
    - Risque de mastoïdite

     

    Epidémiologie

    Réservoir
    - A 2 ans, 50% des enfants sont porteurs de S. pneumoniae dans le rhinopharynx
    - Portage intermittent de certains sérotypes au cours de la vie
    - Souches commensales capsulées ou non

    Transmission
    - Directe par la salive
    - Facile dans les collectivités d'enfants

    Diversité des sérotypes
    - Nombreux sérotypes en circulation
    - Certains prédominent parmi les souches résistantes aux antibiotiques


    Diagnostic

    Culture
    - Prélévements

    - Conditions de culture

    - Identification facile

    Antibiogramme
    - Essentiel aujourd'hui pour le traitement des infections sévères


    Traitement

    Sensibilité naturelle aux antibiotiques (cliché)
    - Bactérie sensible à de nombreuses molécules (ß-lactamines, macrolides et apparentés, sulfamides, glycopeptides)
    - Résistante à bas niveau aux aminosides et aux fluoroquinolones G1-2

    Développement de la résistance
    - Depuis une dizaine d'années, augmentation considérable de la résistance (voir S. pneumoniae multirésistant), notamment vis-à-vis des ß-lactamines et des macrolides
    - Diffusion internationale de souches multirésistantes responsables d'OMA, comme d'infections invasives
    - Portage élevé de souches multirésistantes chez les jeunes enfants en raison de la consommation forte d'antibiotiques

    Mécanisme de la résistance aux ß-lactamines
    - Modification de la cible (les PLP)
    - Pas de production de ß-lactamase !!!
    - Les niveaux de résistance sont variables suivant les altérations des PLP (souches de sensibilité diminuée à la pénicilline G, ou souches résistantes)
    - Toutes les ß-lactamines ne sont pas équivalentes sur les souches résistantes

    Etat des résistances en France
    - pénicilline G (40,5% I, 13,5% R)
    - amoxicilline (25,4% I, 1,4% R)
    - céfotaxime (17,9% I, 0,3% R)
    - érythromycine (46,9% R)
    - tétracycline (27,9% R)

    Conséquences thérapeutiques
    - Recommandations thérapeutiqes suivant le risque d'acquisition de souches multirésistantes, pour le traitement

  • des OMA
  • des méningites
  • des bronchopneumopathies

  • Prophylaxie

    Vaccination
    - Vaccin à 23 valences = 85% des sérotypes en circulation<

  • réponse et protection variables selon les individus
  • intérêt chez les splénectomisés contre les infections invasives
  • - Vaccin à 7 valences

  • intérêt chez l'enfant pour prévenir les infections invasives (méningite, bactériémie) et pour diminuer laprévalence des souches résistantes responsables d'OMA.